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Bijoux

Corail et camée

L’artisanat de Torre del Greco

Un artisanat dont l’histoire remonte à l’Antiquité comme l’expliquent les membres de l’Assocoral, venus à Paris présenter leur travail.

Le 12 avril dernier, l’ICE (l’Agence Italienne pour le Commerce Extérieur) invitait la presse et des professionnels du bijou à découvrir « le trésor rouge de Torre del Greco » et à rencontrer les représentants d’Assocoral (Association italienne des producteurs de corail et de camées) à l’Ambassade d’Italie à Paris. Cette association réunit des orfèvres, des commerçants, des agents commerciaux, des créateurs de bijoux et d’objets réalisés à partir de ces matières. Elle vise à promouvoir l’artisanat de cette ville, située entre le Vésuve et le golfe de Naples, « en tant que richesse historique et artistique à partager comme patrimoine immatériel de l’Humanité ». Mais aussi à le conserver, grâce notamment aux liens étroits qu’elle entretient avec l’école professionnelle ancrée sur le territoire depuis 1878, qui contribue grandement à la transmission du savoir-faire entre générations. « Cent entreprises sont membres de l’association sur près de 350 qui sont liées à cet artisanat et qui font vivre près de 3 500 personnes à Torre del Greco et dans les environs », souligne Tommaso Mazza, président d’Assocoral.

En échangeant avec les acteurs présents à l’évènement et en constatant que certaines des marques les plus prestigieuses se distinguaient uniquement par un prénom différent accolé à un même nom, on comprend vite que cet art ancestral est bien souvent une affaire de famille. L’historienne d’Art, Caterina Ascione, rappelle qu’on attribue, dès l’Antiquité, à « l’or rouge », utilisé pour la confection de bijoux et d’amulettes, des vertus magiques et thérapeutiques. « Au départ, Torre del Greco était surtout un port d’où l’on partait pour pêcher le corail. Mais on a retrouvé des documents qui attestent que les habitants de Torre del Greco transformaient déjà le corail dès le début du XVe siècle », précise la spécialiste. Aujourd’hui, on n’y pêche plus le corail, mais on continue de le travailler. Avec la glyptique, l’art du camée, qui consiste à ciseler des coquillages, et qui s’est développée de son côté au début du XIXe siècle, ce sont toujours les spécialités de la ville qui se développent grâce à l’export vers de nouveaux marchés, en Asie notamment. Ce jour-là, à l’Ambassade, un artisan montre comment la forme du coquillage et ses différentes couches de couleurs vont rendre chaque camée unique et dicter en partie les traits d’un visage ou l’ondulation d’une boucle de cheveux. « Notre production embrasse une gamme très ample de produits et donc de prix », explique Tommaso Mazza. « Un camée qui ne sera pas monté avec des matériaux précieux, comme de l’or ou de l’argent, peut être très abordable, mais certaines pièces peuvent atteindre des prix considérables, d’autant plus lorsqu’elles sont réalisées par des maîtres artistes cotés. Et on retrouve les mêmes écarts de prix en ce qui concerne les bijoux en corail. La fourchette s’étend donc de 10 à un million d’euros. C’est l’une des caractéristiques de notre artisanat  : pouvoir s’adapter à toutes les sortes de marché », conclut-il.

Par Marianne Dorell

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