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Première Vision

Best sellers printemps été 2016

Premier volet de la réunification des salons matières. Et première collecte d’informations sur les tendances du marché.

Le salon Première Vision Paris, qui s’est tenu du 10 au 12 février 2015, a enregistré un recul de – 5 % de son visitorat, par rapport à la session de février 2014, après une croissance soutenue depuis plusieurs années. Au total, 58 443 visiteurs se sont rendus sur le salon dont 73 % d’étrangers. Les Français sont de loin les premiers fervents de Première Vision Paris (27 % de visiteurs devant le Royaume Uni 13 %, l’Italie 12 %, l’Espagne 6 % ou l’Allemagne 5 %). Les échantillonnages, qui ont été effectués par les stylistes sur les différentes sections du salon (Yarns, Fabrics, Leather, Designs, Accessories et Manufacturing), figurent les tissus et accessoires qui vont être présents dans les collections de produits finis. D’où l’intérêt, pour anticiper les tendances printemps été 2016, d’aller, à la source, chercher ce qui a plu.

Voir l’interview de Pascaline Wilhelm, directrice mode de Première Vision Paris, qui introduit la saison printemps été 2016. 

  • Première Vision Accessories

Couleurs : bleus purs (indigo sombre, outremer), jaune vif ou ficelle, noir & blanc, pastels & fluos.
Effets spéciaux : transparents, irisés, métallisés, miroitants, ultra-mats.
Nuances : jaspés, mouchetés, marbrés, roussis.

Boutons et pressions : formes simples, mais recherche de matières, couleurs, effets de transparence, marbrures, brillances, effets miroir… Les clients s’intéressent à la galalithe, mais se rabattent sur le polyester pour une question de prix.

Zips, fermoirs… : or rose, aspects ultra-brillants et toucher gomme couleurs noir et blanc. Les fermoirs à tourniquet, les fermoirs cartables, les coins métalliques et les clous (moins hauts, voire plats par rapport aux saisons précédentes) séduisent la maroquinerie. Pour les bijoux, les fermoirs de colliers font l’objet de personnalisation.

Beaucoup de chaînes : cousues sur galon (large bande en crin de nylon), ficelle, raphia, passementerie. Elles font le lien entre tous types d’accessoires : ceintures, bijoux, chaussure, boucle, brandebourg… Elles sont parfois floquées, recouvertes de gomme ou gainées de skaï. Les grosses chaînes en plastique prennent des reflets nacrés ou argentés.

Dentelles : en lin rustique et noble aux teintes naturelles ou, à l’inverse, effets soyeux et enduits laqués aux couleurs extravagantes. Parfois un mélange des deux.

Broderie à la hausse ! : Entre broderie d’inspiration militaire, exotisme chamarré ou marquages sport et street, la broderie recouvre les semelles de chaussure, les sacs, plastrons, rabats…

Rubans, galons, sangles et lacets : ils font le grand écart entre l’ornement (galons chamarrés or, argent et cristaux) et le technique (sangles, élastiques, cordons de serrage et bords côtes qui utilisent la silicone, le polyuréthane, et les microbilles réfléchissantes). Bord côte bi-stretch en mesh, respirant une fois étiré, et couvrant au repos.

Engouement pour les franges !  : exubérantes et ébouriffées ou longues et soyeuses. En tulle mousseux, coton effiloché, raphia froufroutant, en mélange de matières et de couleurs. Mais aussi pour les passementeries, faites de nœuds sauvages où s›entortillent cuir, cordons, chaînes de métal, galons strassés, pierres à coudre, et qui composent des anses, colliers, fermoirs, bandes et boucles de ceintures, bracelets, ganses… Et les pompons.

Ceintures et boucles techno : fluo, plastiques moulés, nylon, PVC, boucles techniques.

Augmentation de la taille des perles, pierres et strass : en plastique ou papier mâché, ils peuvent se le permettre. La brillance et la transparence sont plébiscitées pour les coloris chauds. Les bleus et les blancs sont volontiers plus opaques.

Cuir : motifs géométriques, effets 3D, trompe l’œil. Panneaux tressés, tricotés ou en lanières piquées sur un fond. Tresses pour anses, ceintures ou boucles. A noter, les bracelets de cuir tubulaires pour homme et pour femme. Tons naturels, patine plutôt qu’effets vieillis.

Labels et packaging : étiquettes connectées ou avec QR code, puces RFID : un service appréciable pour la logistique comme pour le consommateur final. La transparence du PVC apporte un vent de nouveauté dans l’étiquette. Les touchers gomme ont toujours la cote, mais sont concurrencés par la silicone plus agrippant. La matière prévaut sur le visuel : on revient aux lettrages dépouillés et laconiques.

Côté packaging, on hésite entre le côté écolo brut du kraft cabossé et la modernité du plastique souple moulé tout d’une pièce. Le tyveck, à la fois durable et technique, fait la jonction entre les deux.

  • Première Vision Leather

  • Finitions

Aux dires des exposants interrogés, la maroquinerie est le domaine d’application prédominant des visiteurs, devant la chaussure et les vêtements. Ce qui place le veau en tête des demandes.

Le positionnement haut de gamme du salon oriente l’offre vers des articles qualitatifs, les finissages les plus naturels, aniline ou semi-aniline. Ce n’est pas incompatible avec l’envie d’une certaine souplesse, et donc d’articles foulonnés.

Cette envie de souplesse s’applique également à l’agneau plongé et au crocodile, réclamé aussi peu couvert que possible (très peu de finitions).

Toutefois, certaines fantaisies sont bien accueillies, comme les métallisées et les vernis.

Ou encore les décors mélaminés, les effets irisés.

Les grains mécaniques, sur le bovin en particulier, trouvent leur public, qui n’est pas utilité pour écouler les seconds choix et constituer des produits plus abordables.

Un motif imprimé est parfois aussi bienvenu — spécialement celui du serpent ou le camouflage — même sur les buffles et les peaux à poils.

Pour les sacs, les qualités d’ovin plus épaisses et plus résistantes ont également fait recette sur cette édition.

Enfin, le tannage végétal continue de faire de plus en plus d’adeptes, incitant ses spécialistes à innover avec des articles plus souples, des finitions cirées, des teintures plus subtiles.

  • Couleurs

Encore en pleine recherche matérielle, les visiteurs se préoccupent peu des couleurs et s’intéressent en priorité aux caractéristiques techniques et esthétiques des articles. Certaines teintes reviennent toutefois dans les requêtes des plus avancés. Les coloris basiques, comme le noir et le marron, sont évidemment toujours plébiscités. Les beiges, le gris souris, le taupe se placent dans la palette de l’été 16Tout comme les pastels et le mauve en particulier.

Les bleus seront encore de la partie, cette saison, dans des nuances marines, ciel ou violacées. Même si les vifs semblent moins en vogue, certains fluos obtiennent un succès certain.

  • Les innovations qui pourraient changer la donne

Habitués à une offre évolutive, les stylistes espèrent découvrir des progrès qui les surprennent et les stimulent. Conscients de ces attentes, les tanneurs mènent en permanence des développements de plus ou moins longue haleine.

Certains, comme Lider Deri, veulent se mettre à l’agneau stretch.

D’autres, comme Manutrans, aspirent à se lancer dans les décors au laser sur peaux à poils. D’autres encore, comme Timbrados Rubio, souhaitent multiplier les effets reptiles sur peaux bovines.

Tandis que Cetinkaya s’essaie à un agneau double-face velours et nappa.

Devant l’envie de surfaces très lisses, plusieurs tanneurs cherchent à adoucir les grains pour les rendre à peine visibles sans pour autant surcouvrir le cuir. Le vernis suscite aussi quelques recherches. Tout comme les perforations ou les plissages en réponse à un désir de géométrie. Certains acteurs explorent le domaine de la couleur, avec des effets dégradés ou double-face bicolore.

Du côté des reptiles — croco et python, le succès grandissant du nubuck donne des envies à ses spécialistes de le sophistiquer avec, par exemple, des effets deux tons.

Mais certains projets se conçoivent à plus long terme encore. Comme celui de proposer des cuirs totalement sans chrome, ainsi que le réclament de plus en plus les grandes maisons. Ou celui de perfectionner le tannage végétal pour produire des qualités plus stables, plus souples, plus fines, plus résistantes. Ou encore celui de pousser l’aspect écologique des process et d’améliorer la traçabilité des peaux.

  • Première Vision Fabrics

Pour le choix des matières, les acheteurs ont retenu 5 critères :

  • 1. La souplesse (rondeur, consistance, vivacité) pour une mode qui « relie bien-être et bien-aller »
  • 2. Le naturel et les fines irrégularités qui vont avec. Le lin s’invite dans les soieries, les draperies ou les shirtings masculins.
  • 3. Les fantaisies sages ou ponctuations discrètes. Petits dessins (armures complexes, dobbies (petits façonnés obtenus par croisement de fils) et petits bicolores). Mini-rayures. Jerseys dévorés. Semi transparences. Jacquards. Broderies.
  • 4. La brillance discrète. Finissages mercerisés, calandrés, et même chintzés (finitions qui donnent de la brillance) en maille, soierie et draperie féminine. Reflets métallisés (pour le sport et casual wear).
  • 5. Les dessins manuels apparemment simples, élaborés et personnels. Fleurs stylisées, motifs entourés d’un serti spontané, géométrie aux contours incertains, tracés sensibles.