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Partson dédie ses ateliers de haute façon au luxe

Après le rachat de Céline Robert, il vient, en novembre, de reprendre l’Atelier Mamet. Quelles sont les intentions de ce groupe ? Réponses par son responsable.

Comment le projet de rassembler des savoir-faire liés à l’accessoire de mode est-il né ?

Wilfried Guilment-Dandurand : En exerçant aux États-Unis, en Inde ou à l’île Maurice, j’ai appris à travailler en équipe. Ce n’est pas conforme à l’esprit français qui est plus individualiste et c’est sans doute la raison pour laquelle beaucoup d’ateliers ont fermé, sont partis à l’étranger ou ont été rachetés… Nous n’avons pas su pérenniser notre savoir-faire. De fait, quand je suis revenu, en 2006, j’ai monté le groupe Partson avec la ferme intention de regrouper, pour leur sauvegarde, des fabricants d’accessoires de mode d’excellence française.

Que fabriquent les unités de production du groupe Partson ?

Tout a commencé en 1834 avec l’entreprise familiale, dont je suis l’héritier et la 5e génération, Dandurand. C’est l’une des plus anciennes chapelleries françaises, spécialiste du bichonnage (mise en forme et assouplissement des bords d’un couvre-chef, N.D.L.R) et montage de casquettes et chapeaux coupés cousus. En 2017, nous avons investi dans la Maison Marie Pirsch, qui s’illustre dans un prêt-à-porter couture. Avec le rachat de la marque de chapeaux Céline Robert, en juin 2020, nous faisons revivre l’activité de son aïeul, Fernand Robert, maître chapelier et modiste, expert du chapeau formé en feutre ou en paille pour les cérémonies et mariages, aujourd’hui gérée par Axelle Jarrossay. Céline Robert reste intégrée au groupe en tant que styliste et créatrice de sa griffe éponyme. Enfin, le 6 novembre 2020, nous avons réalisé l’acquisition de l’Atelier Mamet, dédié aux sacs (à main, de voyage, clutchs…), petite maroquinerie (porte-monnaie, porte feuilles…), bandoulières, pattes de réglage… Cela lui apporte l’oxygène nécessaire pour grandir. Eu égard à son expérience professionnelle, la directrice, Hélène Varennes, devient d’ailleurs directrice marketing pour le Groupe Partson.

Quels objectifs poursuivez-vous ?

Afin de bénéficier d’une production régulière, je souhaite développer la sous-traitance. Nos ateliers étant homologués Entreprises du Patrimoine Vivant, nous visons les marques de luxe. Plutôt que perdre du temps à aller à droite ou à gauche, nous mettons à leur disposition un one stop shop (guichet unique, N.D.L.R), comprenez un panel de différentes techniques de fabrication à forte valeur ajoutée : le modelage (et de la paille), le dressage, le bichonnage, mais aussi la broderie d’art.

L’absence de tourisme et même de possibilités de voyager n’a-t-elle pas ralenti le rythme des activités du secteur luxe ?

Il y a quelques mois, un de nos clients nous a annoncé que les commandes doublaient pour 2021. Il nous a demandé si nous pouvions fournir. C’est pourquoi nous quadruplons notre capacité de production pour répondre à cet acteur de la profession qui relocalise en France. Le luxe ne s’est jamais aussi bien porté que pendant les crises, qu’elles soient financières ou sanitaires, et surtout dans l’accessoire qui est un produit d’appel. Tout le monde peut s’offrir une petite maroquinerie Louis Vuitton ou une ceinture Hermès. C’est une progression exponentielle, d’où ma volonté de m’agrandir pour compléter notre offre de savoir-faire.

Est-ce à dire que les marques du groupe, comme celle de Céline robert, vont s’évanouir au profit du fonds de commerce qu’est la sous-traitance pour le luxe ?

Notre objectif est de conserver l’ADN de la marque Céline Robert qui existe depuis 30 ans, de la faire vivre, de la moderniser… Mais plutôt que d’investir sur 5 griffes différentes, nous privilégions l’idée d’en développer et commercialiser une seule. Cette stratégie nous permet d’être plus puissants sur le plan créatif et économique. Une marque lifestyle à la française verra le jour aux environs de l’Automne-Hiver 2021. Elle sera 100 % made in France, bénéficiera d’un savoir-faire de tradition et d’excellence, sera accessible au plus grand nombre car elle sera distribuée en direct et ne supportera pas les coûts supplémentaires dus aux intermédiaires.

Cette dynamique entraîne-t-elle des évolutions structurelles ?

La chapellerie Fernand Robert a emménagé dans des locaux plus grands à Coulaines, dans la Sarthe, car nous sommes passés de 5 à 15 personnes avec un objectif de 25 personnes dès que possible. Les ateliers Dandurand et Marie Pirsch, situés à Fontenay-le-Comte, en Vendée, ont été réorganisés avec une coupe entièrement modernisée. Des travaux d’optimisation énergétique ont été entrepris pendant toute l’année 2020. L’Atelier Mamet reste localisé à Saint Clément des Levées, en Maine-et-Loire. Nous avons retravaillé l’image du groupe (logo, visuels, brochure) pour véhiculer l’idée d’une grande famille. Nous sommes des industriels, mais nous ne sommes pas des machines !

 

Propos recueillis par Florence Julienne

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